MEDEF Actu-Eco de la semaine du 30 avril au 4 mai 2012

FRANCE

1.Consommation des ménages en mars 2012 : -2,9% sur un mois, -2% sur un an
2.Crédits aux entreprises en mars 2012 : nouveau ralentissement des encours pour trésorerie, accélération de ceux pour investissements

EUROPE
3.Chômage dans la zone euro en mars 2012 : 10,9%, taux jamais atteint depuis la création de la zone euro

INTERNATIONAL
4.Croissance américaine au 1er trimestre 2012 : la reprise se modère
5.Climat des affaires aux Etats-Unis en avril 2012 : accélération de l’activité dans l’industrie, ralentissement dans le secteur non-manufacturier
6.Tendances récentes des marchés

La consommation des ménages en biens s’est nettement contractée en mars 2012 : -2,9% en volume, annulant ainsi le rebond du mois précédent. Cette forte baisse est en grande partie  imputable à celle des dépenses en énergie (-11,3%), qui avaient rebondi en février en raison de la vague de froid. Les dépenses alimentaires et de textile-cuir s’inscrivent également en baisse, de quelque -2,5% dans les deux cas.
Sur un an, la consommation totale des ménages en biens s’est réduite de -2%.

Au 1er trimestre 2012, les achats des ménages ont progressé de +0,2% sur le trimestre précédent, lequel avait enregistré une hausse de +0,3%. Cette quasi-stagnation du début de l’année recouvre notamment une forte contraction des achats liés à l’automobile (-5,6%) et une nette augmentation des dépenses énergétiques (+4%).

Sur un an, les achats du 1er trimestre ont diminué de -1,4%, poursuivant ainsi la tendance baissière enregistrée depuis le printemps 2011.

Cette atonie de la consommation des ménages en biens au 1er trimestre 2012 vient conforter la perspective d’une stagnation de l’économie française, voire une légère contraction.


Les encours de crédits aux sociétés non financières (données brutes) ont poursuivi, en mars 2012, leur ralentissement, entamé en novembre 2011 : +3,7% sur un an, après +4,2% en février et +4,8% en janvier. Ils ont atteint 820 milliards d’euros, retrouvant ainsi leur niveau d’octobre 2011.

Ce ralentissement des crédits aux sociétés non financières est imputable en totalité à celui des encours de crédits pour trésorerie : +1,1% sur un an en mars 2012, après +3% en février et +4,3% en janvier. Cette évolution plus modérée serait le signe de moindres difficultés de trésorerie, que confirme la dernière enquête AFTE / Coe-Rexecode auprès des trésoriers des grandes entreprises (avril 2012).

En revanche,  les encours de crédits des sociétés non financières pour investissement se sont nettement accélérés en mars : +5,6% sur un an, après +4,7% en février et +4,8% en janvier. C’est un indice supplémentaire d’une orientation positive des investissements des entreprises, en dépit d’une situation financière toujours difficile.


Le taux de chômage harmonisé* dans la zone euro s’est accru en mars 2012, pour atteindre 10,9% de la population active, taux le plus élevé depuis la création de la zone euro. Il était de 9,9% un an plus tôt. La zone euro dénombre désormais 17,365 millions de chômeurs.

*-Eurostat calcule des taux de chômage harmonisés pour les Etats membres de la zone euro. Ces taux sont basés sur les définitions recommandées par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Le calcul est basé sur une source harmonisée, l’enquête communautaire sur les forces de travail.
Ils peuvent différer, et de façon parfois non négligeable, des statistiques nationales, ce qui est notamment le cas pour l’Allemagne (6,8%).

Ce taux de chômage global recouvre des  disparités entre les Etats membres, qui peuvent aller de 1 à 6 (4% en Autriche et 24,1% en Espagne). A 10%, le taux de chômage de la France est inférieur à la moyenne de la zone euro.
En revanche, le taux de chômage est à un niveau nettement plus bas en l’Allemagne (5,6%), c’est-à-dire inférieur de moitié à celui de la zone euro.


Selon une première estimation,  la croissance du PIB américain a ralenti au 1er trimestre 2012 : +2,2% l’an (+2,1% sur un an), après +3% fin 2011. C’est la confirmation que la reprise aux Etats-Unis se modère. Ces chiffres attestent néanmoins d’une économie américaine nettement plus robuste que l’économie européenne. Le PIB américain dépasse de 1,3% son niveau de fin 2007.

Cette décélération de la croissance au début de l’année 2012 est le résultat de quatre tendances différentes :

Freinage des dépenses des entreprises

  • moindre contribution des stocks (+0,6 point au 1er trimestre 2012, après 1,8 point au 4ème trimestre 2011) ;
  • contraction des investissements productifs, pour la première fois depuis fin 2009 (-2,1% l’an après +5,2% au 4ème trimestre 2011). Cette baisse tient à la chute des investissements en construction non résidentielle (-12% l’an) alors que les dépenses en biens d’équipement n’ont que très faiblement augmenté (+1,7% l’an). Ils restent néanmoins supérieurs de 7,1% à leur niveau du 1er trimestre 2011 ;

Contraction des dépenses des administrations

  • nouveau recul des dépenses publiques, pour le sixième trimestre consécutif (-3% l’an après -4,2%), notamment des dépenses de défense (-8,1%). Sur un an, elles auront ainsi baissé de -2,1%.

Accélération des dépenses des ménages

  • accélération de leur consommation (+2,9% l’an après +2,1%), plus forte progression depuis fin 2010. Elle s’est accompagnée d’une baisse du taux d’épargne ;
  • poursuite de la remontée de l’investissement dans le logement (+19,1% l’an, après +11,6% au 4ème trimestre 2011 et +1,3% au 3ème trimestre 2011). Cette reprise s’opère à partir d’un niveau particulièrement  déprimé et devrait se poursuivre au regard notamment du déficit croissant de constructions neuves, compte tenu des fondamentaux démographiques ;

Neutralité de la contribution du commerce extérieur

  • contribution nulle du commerce extérieur à la croissance, la progression en volume des exportations  de biens et services comme des importations s’étant accélérée entre le 4ème trimestre 2011 et le 1er trimestre 2012. Toutefois, la hausse des prix à l’importation ayant été nettement plus marquée que celle des prix à l’exportation, en raison de la flambée des prix de l’énergie, le déficit commercial américain a continué de se creuser en valeur. Il représente plus de 620 milliards de dollars en rythme annualisé et 4% du PIB.

Selon l’enquête d’avril 2012 auprès des directeurs d’achat, l’indice synthétique ISM aux Etats-Unis s’est de nouveau accru dans le secteur manufacturier. Il est à son plus haut niveau depuis juin 2011.
Cette nouvelle hausse de l’indice, qui concerne tant les perspectives de production et les commandes nouvelles que l’emploi, témoigne d’une croissance plus rapide de l’activité industrielle et de son rôle moteur dans la reprise de l’économie américaine.

En revanche, l’indice ISM des activités non-manufacturières a enregistré son deuxième mois consécutif de baisse en avril 2012. C’est le signe que la croissance des activités se modère, mais reste dynamique au vu du niveau de l’indice.
Ce nouveau repli de l’indice recouvre notamment une baisse pour les composantes « commandes nouvelles » et « emploi ».

Ces deux indicateurs du climat des affaires aux Etats-Unis, même s’ils ont des trajectoires récentes opposées, montrent que la reprise économique américaine se poursuit au printemps 2012.



Télécharger le pdf